9 juin 2009...8:11

Affrontements meurtriers au Pérou avec en toile de fond l’exploitation pétrolière de l’Amazonie

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Petite revue du net pour vous informer des évènements qui secouent le Pérou depuis quelques semaines et qui ont pris un cours dramatique ce week-end à la suite d’affrontements meurtriers entre policiers et nativos. Pour résumer TRES simplement, le congrès péruvien a voté des décrets autorisant l’exploitation de nouveaux lots pétroliers en Amazonie, sans prendre en considération le droit de propriété de la terre des autochtones. Ces derniers manifestent depuis près de deux mois en bloquant les principales voies de communication (routes et fleuves) et réclament l’abrogation de ces décrets et l’ouverture de négociation. Le gouvernement refuse, pour le moment, tout compromis, et a envoyé la police lever les blocus routiers. Au cours de cette opération, plusieurs policiers et indigènes ont trouvé la mort. Quelques policiers ont également été pris en otage. Le bilan “officiel” est de 34 morts, mais il est très contesté avec notamment des suspicions d’existence de fosses communes. Ce qui n’est pas sans rappeler les pires heures de la guerre civile qu’a connu le Pérou de 1980 à 1992.

La course au pétrole tue en Amazonie péruvienne (Rue 89)

Le leader indigène Pizango fuit la tension après les violences de Bagua (AFP). Il est recherché par la justice péruvienne après les affrontements de ce week-end. Il pourrait trouver refuge politique au Nicaragua.

L’ONG Survival International, qui défend les peuples indigènes appelle les compagnies pétrolières à suspendre leurs activités. Le directeur de Survival International, Stephen Corry, a notamment déclaré :

‘Les Indiens péruviens sont contraints de prendre des mesures désespérées pour tenter de sauver les terres qui leur ont été spoliées depuis cinq siècles.

‘Ces mouvements de protestation sont le signe que l’ère coloniale est définitivement révolue. Les Indiens amazoniens ne se laisseront plus traiter avec la brutalité et l’injustice qui ont inlassablement régné jusqu’à présent. Cette époque est terminée. C’est le Tiananmen de l’Amazonie et s’il se termine de la même façon, cela entâchera définitivement la réputation du Pérou.

Et voici le communiqué de Catapa une Ong belge présente sur place :

Des volontaires de CATAPA, une ONG flamande qui travaille sur le thème des mines en Amérique Latine étaient présents durant les troubles survenus ces dernières heures à Bagua dans le nord du Pérou. CATAPA dénonce la violence, condamne la réaction du gouvernement péruvien e appuie la revendication légitime des peuples indigènes qui exige d’être partie prenante dans les décisions prises pour le développement de l’Amazonie péruvienne. Nos volontaires Marijke Deleu y Thomas Quirynen sont évacués de la région en ce moment.

Le conflit qui perdure à Bagua entre l’état péruvien et la population indigène de la région “Amazona” s’est soldé par des confrontations violentes le vendredi 5 juin lorsque les forces policières tentèrent par la force de déloger ceux qui bloquaient la route. Selon les différentes sources il y auraient entre 30 et 84 morts et une centaines de blessés. D’après ,les sources officielles de la police, les indigènes ont tirés les premiers sur les forces de sécurité qui ont ensuite répliqué. Plusieurs représentants des indigènes contredisent cette version des faits et disent être seulement armés de leurs lances traditionnelles. La majorité d’entre eux confirme que la police à ouvert le feu sur eux depuis des hélicoptères. Thomas et Marijke ont vu comment la police emmenait les corps des victimes. « ils ,tentent ainsi de diminuer le nombre officiel de morts » nous commente Marijke de Deleu.

Un conflit annoncé :

Le conflit trouve son origine dans l’accès accordé aux entreprises multinationales présentent dans cette région du nord du Pérou riche en pétrole, en gaz et minéraux.

Durant presque 2 mois plus de 30.000 indigènes habitants les différentes provinces de l’Amazonie péruvienne et de hautes andines, menent une campagne de protestation dénonçant la manière avec laquelle l’état et les entreprises proposent d’investir dans l’exploitation des ressources naturelles.

Les peuples indigènes et les organisations paysannes exigent d’être partie prenante dans les décisions sur le développement de leur pays et en particulier de leur région.

Depuis 2 mois les routes étaient bloquées par les groupes indigènes. Durant ces 2 dernières années(années du gouvernement de l’actuel président Alan Garcia), plusieurs décrets ont été publiés retirant les restrictions écologiques et sociales à l’extraction des ressources naturelles. Cela permet de simplifier l’inversion étrangère directe au Pérou en facilitant l’exploitation des mines, du pétrole et du gaz.

Le 9 mai passé, le gouvernement péruvien à déclaré les 7 provinces de la région en état d’alerte ce qui signifie « retirer temporairement les garanties constitutionnelles sur la liberté et la sécurité des personnes et l’immunité de la résidence ». Officiellement il s’agit d’assurer l’accès des routes et des aéroports et d’éviter que la production des entreprises soit affectée par les actions menées par les indigènes. L’état d’urgence est hélas aussi un moyen de justifier l’utilisation de la violence comme ce fut le cas vendredi passé.

Les négociations entre les représentants de l’état et ceux des communautés indigènes furent rompues le 15 mai. Les indigènes décidèrent alors de continuer leurs actions. Depuis lors la protestation populaire et les réponses du gouvernement se sont faites de plus en plus sévères.

La convention 169 de l’organisation internationale du travail impose la consultation des peuples indigènes

La convention 169 de l’organisation internationale du travail oblige le gouvernement péruvien à consulter les peuples indigènes pour l’exploitation des ressources naturelles de leur territoire. Le gouvernement péruvien a ratifié cette convention en 1004. Une consultation de la population a eu lieu dans la région « Amazonas ». Elle conclus que la biodiversité et la vie des populations indigènes sont menacées. Mais dans le contexte actuel mondial de manque de ressources naturelles les gains potentiels sont énormes. Ni l’état péruvien ni les entreprises muiltinationales entre lesquelles la pétrolière française PERENCO et l’espagnole REPSOL, ne sont d’accord de perdre du temps dans ce conflit long à résoudre.

Le président Alan Garcia commentait dans l’une de ces déclarations gouvernementales que « dans la constitution, les ressources naturelles sont la propriété de tous les péruviens et que tous les péruviens doivent pouvoir profiter de ressources naturelles du pais » De leur côté, les organisations indigènes ne demandent pas la souveraineté unique sur l’Amazonie péruvienne sinon d’être partie prenante dans les décision concernant le développement de leur région. Alberto Pizango, leader ce la centrale AIDESEP des peuples indigènes de l’Amazonie déclare ; « Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous voulons que le développement se fasse suivant notre vision »

Indymedia Peru propose également une liste de liens en espagnol sur le sujet.

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